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27 Juin 2016 : 1.700 cas de drépanocytose sévère enregistrés chaque année au Sénégal

5ca6bdbLa Journée mondiale de lutte contre la drépanocytose. Au Sénégal, selon les statistiques, rien n’a changé, parce que 10 % de la population générale sont toujours porteuses du gène. Cependant, la drépanocytose prend des proportions inquiétantes chez les enfants où 1.700 naissent chaque année avec la forme la plus grave.

Découvert en 1910, la drépanocytose prend de l’ampleur dans les pays sous-développés. Au Sénégal, 1 personne sur 10 est porteuse du gène de la drépanocytose. Ce qui, d’après le Pr Ibrahima Diagne, point focal chargé de la lutte contre la drépanocytose au ministère de la Santé, donne un taux de 10 % de la population générale. « La plupart des Sénégalais sont As, une forme de drépanocytose moins grave, parce que l’on peut vivre pendant 100 ans avec sans tomber malade », a précisé le Pr Diagne. Par contre, a-t-il révélé, chaque année, 1.700 enfants naissent avec la drépanocytose, notamment la forme la plus grave de la maladie. « Ils sont ainsi porteurs de cette maladie à vie », a affirmé M. Diagne.

Il a rappelé que la drépanocytose est tellement sévère que si l’enfant n’a pas une bonne prise en charge, il peut mourir avant d’atteindre l’âge de 5 ans. « Au Sénégal, nous ne pouvons pas donner le chiffre exact du nombre de personnes porteur de la drépanocytose, mais nous connaissons combien de malades sont dans nos structures de santé. Au Centre national de transfusion sanguine (Cnts), 2.000 adultes sont pris en charge, à Albert Royer, plus de 3.000 enfants sont suivis, à Saint-Louis, ils sont près de 200 malades enregistrés, pour ne citer que ces exemples », a souligné le spécialiste. Le Pr Ibrahima Diagne a informé que toutes ces personnes sont prises en charge par leurs parents. Pour le moment, c’est l’Association sénégalaise de lutte contre la drépanocytose qui mène des activités de sensibilisation et de dépistage sur le terrain pour soulager les malades. Elle organise des campagnes de sensibilisation et de dépistage à Dakar et dans les régions. 9.167 personnes sont dépistées entre 2011 et 2015.

Selon le président de l’Association sénégalaise de lutte contre la drépanocytose, Maguèye Ndiaye, 9.167 personnes ont été dépistées entre 2011 et 2015. Parmi elles, 909 sont déclarées positives.

Mener le plaidoyer
Le Pr Diagne a promis de mener un plaidoyer auprès des autorités et des responsables des institutions internationales pour que la prise en charge des drépanocytaires soit beaucoup plus allégée. « Le dossier a été déposé au ministère de la Santé pour la subvention de cette prise en charge, en particulier des médicaments », a-t-il indiqué. L’autre combat que le Pr Diagne compte mener consistera à pousser les décideurs à faire de la drépanocytose une priorité de santé publique. « Pour le moment, les organismes internationaux et les Etats reconnaissent la drépanocytose comme un problème de santé publique. Il y a une nuance entre problème et priorité de santé publique », a signifié notre interlocuteur. Selon lui, « reconnaître la drépanocytose comme problème de santé veut dire tout simplement que c’est une maladie grave, fréquente, qui nécessite des moyens de prise en charge ». Poursuivant, il a soutenu : «  Par contre, quand on parle de priorité, cela permet de sensibiliser les bailleurs, pour qu’ils mobilisent des fonds pour la prise en charge de la drépanocytose, comme ils le font dans le cadre de la lutte contre le Sida, le paludisme et la tuberculose ». En présidant la Journée mondiale de lutte contre la drépanocytose, le directeur général de la Santé, le Dr Papa Amadou Diack, a rappelé que la prévention primaire et la prise en charge précoce des patients sont les deux axes stratégiques définis par le ministère pour lutter contre cette maladie.

Eugène KALY

Pr Ibrahima Diagne, point focal lutte contre la drépanocytose : « Les personnes porteuses du gène As ou Ss doivent éviter de se marier »
Le Pr Ibrahima Diagne, point focal chargé de la lutte contre la drépanocytose au ministère de la Santé, a invité les jeunes à se faire dépister de la drépanocytose avant le mariage. Selon lui, on peut vivre avec le gène de la drépanocytose, notamment la forme As, sans être malade. La seule inquiétude, d’après le spécialiste, est que quand on se marie avec quelqu’un qui a la même forme de gène (As), l’enfant peut avoir Ss, la forme la plus grave de la maladie. « Il pourra recevoir du père S et de la mère S, et devient porteur du gène Ss qui le condamne à vivre toute sa vie avec cette maladie », a souligné le Pr Diagne.

Il a expliqué que, « pour éviter d’avoir dans la famille à gérer ces situations extrêmement difficiles, l’idéal est d’éviter, autant que possible, les unions entre les personnes porteuses du gène As ». Il est ainsi recommandé aux porteurs de trait drépanocytaire Aa de se marier avec ceux As ou Ss pour éviter que l’enfant devienne Ss.

« Cependant, si le couple décide de se marier en connaissant sa situation et les risques qu’encourent l’enfant, il doit se préparer à sa prise en charge », a-t-il averti.

http://www.lesoleil.sn


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